PIRATERIE MARITIME : la délégation au privé comme solution: une proposition de la France est mal reçue

Pendant la dernière rencontre de l’OIPC concernant le problème de la piraterie maritime, la France a proposé l’utilisation de gardes armées privées pour tenter d’éradiquer la piraterie. La mesure a d’abord été mal reçue par les autres délégations avant de faire l’objet de pourparlers.

L’idée de remettre le sort des pays victimes de piraterie maritime entre les mains du secteur privé ne plait pas à tous. Pourtant, la France avance que l’idée connait déjà un certain succès sur son territoire. Une garde privée est en effet responsable de protéger les bateaux de commerce et de croisière.

Si les États-Unis sont tout à fait en accord avec l’idée, plusieurs autres pays ont exprimé des réticences. Fidji a soulevé plusieurs questions : qui financerait ces gardes? Sous quelle législation seraient-elles? Quel serait leur but? Le Salvador a précisé que la mesure était trop couteuse et ne visait qu’une solution à court terme.

En entrevue au sujet de sa proposition, la déléguée de la France s’est dite surprise du refus de certains pays comme le Yémen et le Royaume-Uni qui possèdent pourtant un système semblable. La France avance également que cela pourrait consister une solution aux problèmes complexes de financement, car « […] de plus en plus, demander du financement n’est pas une solution viable».

De son côté, le Royaume-Uni a d’abord rejeté la mesure avant de procéder, lors d’un caucus non modéré, à des pourparlers avec les autres pays. La délégation a alors proposé un modèle de partenariat entre les gouvernements et le secteur privé pour faire la lutte à la piraterie.

Plusieurs pays s’inquiètent sans surprise du danger de rendre les pays plus vulnérables trop dépendants des plus riches qui ont la possibilité de constituer des gardes privées. Ce point a notamment été soulevé par le Yémen.


Sara Morin-Chartier - Le Monde