L’espace : place à la coopération internationale?

Le Bureau des affaires spatiales des Nations unies (UNOOSA) tient une rencontre en cette fin de semaine à Montréal, notamment pour discuter de coopération internationale en matière d’exploration et d’innovations spatiales.

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 17 Novembre 2018

L’histoire a voulu que la conquête de l’espace au niveau mondial s’opère sous forme de course. Des États-Unis d’Amérique à la Fédération de Russie, en passant par la Chine, et pourquoi pas l’Inde, la première place a été férocement disputée.

Aujourd’hui, d’importants projets comme la Station spatiale internationale sont pris en exemple pour démontrer l’étendue des accomplissements rendus possibles par la coopération internationale. Pourtant, en février 2017, l’Inde a établi un record mondial en envoyant dans l’espace, en une seule mission, 103 satellites, dont 100 qui serviront à l’exploitation commerciale.

Dans un monde où la menace de sanctions commerciales est de plus en plus utilisée et mise en pratique, notamment par le président américain, Donald Trump, quel rôle l’innovation spatiale peut-elle jouer sur l’échiquier politique et économique mondial?

Lors des rencontres précédentes de l’UNOOSA, CNN et Russia Today ont déjà rapporté les tensions entre la Chine et les États-Unis. Sachant que ces deux pays se disputent actuellement le titre de première puissance économique mondiale, leur opposition au sujet de l’innovation spatiale n’est pas étonnante.

L’UNOOSA a pour but de favoriser une exploration et un développement pacifique dans l’espace, et ce, tout en encourageant la coopération internationale. Dans un monde accro à la croissance économique et adepte de la revanche commerciale, et maintenant des guerres commerciales, l’espace pourrait-il redevenir le terrain d’éventuelles guerres?

Les délégués des différents pays présents à la rencontre semblent s’accorder pour prioriser avant tout la coopération internationale. Il semblerait que les États-Unis et la Chine soient les seuls à vouloir mettre le feu aux poudres. Leurs disputes n’empêchent donc pas les délégations des autres pays de s’unir pour travailler sur différentes solutions.

L’Espagne et la Belgique travaillent d’ailleurs avec d’autres pays sur une proposition concernant le développement durable dans l’espace. Ils ont notamment soulevé la place grandissante du secteur privé dans les affaires spatiales et ont exprimé le désir de faire en sorte que les compagnies qui y investissent aient certaines obligations.

De son côté, la France s’est unie au Qatar, à l’Afrique du Sud, l’Algérie et le Mexique. Ils travaillent actuellement sur une résolution pour favoriser la coopération internationale, notamment par l’élaboration d’un « conseil international incluant tous les pays » pour collaborer à l’innovation spatiale, le tout en incluant dans le processus les entreprises privées.

Il ne reste maintenant que deux rencontres de l’UNOOSA en cette fin de semaine. Les pays semblent avoir bien entamé les discussions et être prêts à offrir des solutions. Celles-ci incluront-elles l’économie mondiale et sa place dans les affaires concernant l’espace? Il s’agit certainement d’un comité à suivre de près.

Sara Morin-Chartier – Le Monde