L’éducation: une arme clé contre le trafic humain?

Caucus non modéré lors de la rencontre de l’Organisation internationale de police criminelle, à Montréal.

Caucus non modéré lors de la rencontre de l’Organisation internationale de police criminelle, à Montréal.

Les délégués de l’Organisation internationale de police criminelle (OIPC) discutent de la sensibilisation et de l’éducation comme des sources de solutions au problème du trafic humain et de migrants.


C’est un cliché, comme l’a souligné la République de Fidji lors des discussions, mais l’éducation reste pour plusieurs pays une panacée. Si tous les délégués semblent s’entendre sur cela, tous ne s’accordent pas sur l’endroit où les efforts doivent être dirigés : au niveau nation ou international, avant ou après la traite, aux frontières ou dans les villes?

De l’éducation préventive

Pour le Salvador, la sensibilisation et l’éducation devraient être les priorités pendant les discussions du comité. La délégation du pays souligne qu’il a entamé dernièrement une coopération avec l’UNICEF à cet effet et déplore le fait que « […] beaucoup de personnes qui subissent la traite humaine se lancent dedans sans le savoir ».

Le pays propose donc de procéder à des campagnes d’éducation pour informer la population et lui apprendre à reconnaitre les différents signes éventuels d’une offre de travail ou d’immigration qui pourrait embarquer un individu dans le trafic humain malgré lui.

Pour Fidji, la prévention est également de mise. La délégation de ce pays souligne avec passion que la pauvreté est à l’origine du problème et que « c’est l’éducation qui va sortir les peuples de la pauvreté ». Le pays poursuit son intervention en arguant que la « sensibilisation et l’éducation devraient être organisées par la communauté internationale »

Du travail au niveau des frontières

Si Fidji mentionne d’abord l’importance de travailler au niveau des frontières, le sujet est rapidement, et sans surprise, repris par la délégation des États-Unis. Cette dernière a bien évidemment un intérêt particulier à discuter de la question et a insisté sur le fait que les immigrants illégaux sont souvent sujets à être victimes de trafic humain.

La délégation d’Égypte a tenu à préciser que « le problème se trouve beaucoup aux frontières » et qu’il faut donc y concentrer les efforts. Le Pakistan a abondé dans le même sens.

Des réticences pour certains pays : les différences de culture

Pour le Yémen, il semble évident que les mesures de nature universelle ne pourront être applicables et utiles. La délégation précise que le Yémen «est un pays qui est particulièrement touché par les problèmes migratoires ». Alors que d’autres pays sont plus touchés par d’autres fléaux. Il ne serait donc pas pratique, selon ses dires, d’imposer une seule forme de sensibilisation à tous.

Le pays précise également que les différences culturelles entre les pays doivent être prises en compte. Étant lui-même un pays « islamiste et de langue arabe », il lui semble que cela  « devrait être considéré avec les programmes de sensibilisation pour qu’ils soient le plus effectifs possible ».

Ces inquiétudes ont également été exprimées par l’Indonésie qui a voulu souligner les « subtilités dans chacune de nos cultures et nos langues » à considérer.

En somme, les délégués de l’OIPC ont certainement beaucoup de travail à faire pour s’entendre sur les détails de possibles programmes de sensibilisation et d’éducation en matière de trafic humain.

                                                                                                 

Sara Morin-Chartier - Le Monde